Les peulhs à Niem Yéléwa (Nana Mambéré): une participation citoyenne de la minorité peuhle

Dans la commune de Niem-Yéléwa, située à 102 km de Bouar (Préfecture de la Nana Mambéré à 450 km de Bangui), les peulhs occupent 65% sur une population totale de 16.316 habitants. Occupant cette localité depuis 1934 avec l’arrivé du Idze, un peulh venu du Sénégal, en transhumance vers la République Centrafricaine avec 300 éleveurs et familles, les peulhs de cette commune mènent naturellement une vie d’éleveur.

Menant leurs activités dans une commune enclavée, cette population se bat pour s’ouvrir beaucoup plus vers le Mont Ngaoui au Cameroun à 95km dont ils se ravitaillent en produit divers et ravitaille  la population camerounaise en produit d’élevage.

Dans cette commune, il est difficile d’y accéder à cause de l’état de route dégradé, qui longe depuis Bouar. Le véhicule commercial entre une fois par semaine, le jour du marché hebdomadaire. Une expérience personnelle va démontrer qu’en quittant Yéléwa pour Bouar, il faut 10heures du temps pour 102 km. Cela montre que la préoccupation majeure de cette population reste l’aménagement de la route principale.

Malgré sa capacité en production d’élevage (Bœuf, chèvre mouton…), cette commune reste méconnaissable par la  plupart de la population Centrafricaine vu son état d’enclavement renforcé.

Dans cette commune, l’accès à l’eau potable est difficile. On compte un seul forage fait par Mercy corps  à l’entrée de Yéléwa. Bien qu’entourée par des sources d’eau, en saison sèche, cette commune tombe dans la pénurie d’eau.

Bien que cette population soit nombreuse et économique, elle n’a pas l’ouverture vers les réseaux téléphoniques. Pour faire une communication, il faut voyager à Bouar. L’inaccessibilité à l’électricité  domine cette commune.

Pour ce qui est de l’éducation, on peut noter une seule école primaire à Yéléwa, une à Niem dont la distance séparative est de 37 km, une collège encore en construction à Niem. Pour l’accès à la santé, un poste de santé est installé à Yéléwa pour des soins primaires, un hôpital à Niem pour des soins  secondaires. En cas d’évacuation, il faut descendre à Bouar (Niem Bouar 65km). Selon les informations données par les habitants de Niem, beaucoup de personnes meurent en cour de route à cause de l’état dégradé de voies.

Selon la mission de couverture médiatique des élections pour la ‘Journal des Elections’ (par un reporter du journal le Défi) dans cette commune, nous avons constaté que cette population a participé activement, sans incidence, sans pression au vote, surtout les femmes peulh et les jeunes qui ont voté pour la première fois. Avec leur participation à 80%, la population peulh de Niem- Yéléwa n’est pas restée à la marge de la vie politique du pays.

Selon les informations recueillies à Yéléwa, cette population s’est organisée grâce à Mercy Corps dans les micros crédits des éleveurs, des fonctionnaires, des vendeurs et des agriculteurs.

Dans l’histoire de cette commune, Yéléwa a été très influente sur le plan économique et culturel. Le premier peulh Idze qui a occupé cette localité a influencé la vie dans la commune. Pour mémoire, Idze avaient 18 femmes et plus de 300 éleveurs. Il avait plus d’un million de tête des boeufs. Pendant l’inauguration de la mosquée centrale de Bouar dont il a construit, il a offert  152 bœufs pour les festivités. De nos jours, ses objets de chasses, de défense, ses habits de la petite royauté, ses écrits sur  son histoire et l’histoire de la commune, sont gardés à la mairie et peuvent constitués un  vestige historique, culturel et même touristique ou un centre de recherche sur la population peulh.

Vote à Niem Yéléwa (JdE du 23/01/2011)

La  participation de la minorité peuhle dans le processus électoral (JdE du 07/12/2011)

Fridolin Ngoulou, journaliste reporter, envoyé à Niem-Yéléwa pour le JdE

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